Épisode 20: ... et nous avec

Episode 20 : … et nous avec

Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. (Francis Blanche)

Dans les épisodes précédents d’Halcyon :
Pour plus de détails sur les bases de la fin de la saison 2 reprises dans Halcyon et sur la généalogie de la famille Bristow-Derevko, référez-vous aux Dossiers top-secrets.

Sydney est infiltrée au Covenant sous le nom de Julia Thorne. Son agent de liaison est Kendall, qui travaille pour le Projet Blackhole.

Elisha Clode, la seconde fille de Jack et Irina, qui a suivi le Programme Halcyon, est depuis quelques mois infiltrée avec elle, ne répondant qu’à Jack lui-même par l’intermédiaire de Julian Sark, ancien camarade d’Halcyon avec qui elle entretient une relation amoureuse.

Arvin Sloane a été gracié et a fondé Omnifam, une association humanitaire, à Zurich (Suisse). Il assure que lorsqu’il a réuni Il Dire, machine rassemblant 47 objets de Rambaldi, celle-ci n’a imprimé qu’un seul mot sur un parchemin : paix.

Will travaille comme analyste à la CIA et dirige maintenant une équipe composée de Cecilia Hagan, Francisco Gomez et Al Miller.

Dixon est à la tête de la division de la CIA.

Marshall est engagé dans une relation sérieuse avec Carrie, informaticienne à la NSA, qui attend un enfant de lui.

Lauren Reed, membre du NSC dirigé par Robert Lindsay, est agent de liaison à la CIA. C’est aussi la femme de Michael Vaughn et une taupe du Covenant. Sa mère, Olivia, travaille également pour le Covenant.

Katya Derevko vient de devenir agent de liaison entre le FSB et la CIA, qui collaborent depuis peu dans la lutte contre le Covenant et dans l’exploitation des informations fournies par Bogdan Efremov, qui est maintenant prisonnier à Los Angeles.

Ksenia Petrovitch, ancienne instructrice d’Elisha et Sark, est sous couverture au Covenant pour le compte du gouvernement russe, comme elle l’était déjà à l’époque d’Halcyon. Elle sait maintenant que les deux sœurs sont infiltrées.

En mars, Elisha et Sydney ont volé le Miroir de Rambaldi à Tallinn, pour le compte du Covenant. Avant de le leur remettre, elles ont déchiffré le message qu’il comportait avec l’aide de Sark et de Petrovitch – il s’agissait de trois listes de chiffres, trois séries de coordonnées accompagnées de dates.
Les deux premières concernent les deux sœurs : la mort officielle de Sydney à Los Angeles et l’évasion d’Elisha à Moscou. La troisième indique les coordonnées de Hong-Kong et la date du 18 mai.

Jack, Sydney et Elisha se rendent donc sur place à la date en question. Des agents du K-Directorate sont aussi de la partie, et pendant le combat, Sydney est séparée de son père et de sa sœur. Ces derniers sont arrêtés par le NSC et la CIA, qui ont découvert le pot aux roses.

Sydney perd tout souvenir des deux dernières années, et se réveille sur un monde radicalement différent. Vaughn est marié, elle a une charmante petite sœur avec qui son père a collaboré, ce qui lui vaut d’être en prison…

L’espionne décide donc de faire un coup de bluff, prétendant avoir été détenue dans une base du Covenant à Paris que la CIA et le NSC s’apprêtent à attaquer pour récupérer une puce électronique volée, qui contient un logiciel permettant de réaliser le portrait robot d’un sujet à partir de son ADN, et éventuellement l’inverse – logiciel créé par Rambaldi en personne, bien sûr. Elle espère ainsi obtenir un moyen de pression pour faire libérer son père… et aider Clode, comme il le lui a demandé.

* Générique *

Paris, France. 21 mai 2005, 23:30.

Dans le van qui menait l’équipe, composée de dix hommes et dirigée par Weiss, à l’entrepôt du Covenant, Sydney faisait de son mieux pour ne pas paniquer. Tous étaient vêtus de noir et portaient gilet pare-balles et armes lourdes.

« L’objectif de cette mission est de trouver et récupérer la puce, ainsi que d’acquérir des informations sur le Covenant, que nous soupçonnons de l’avoir volée, exposa Weiss. L’entrepôt est sous surveillance satellite et il semble abandonné, mais on ne peut être sûr de rien. Vous connaissez tous l’agent Bristow… Elle a été retenue prisonnière dans ce bâtiment, et même si c’est moi qui dirige cette opération, nous tiendrons compte de tout avertissement ou intuition que l’agent Bristow pourrait nous fournir. Des questions ? Dans ce cas, allons-y.

Le van s’arrêta devant l’entrepôt et l’équipe en descendit.

- Tout va bien ? s’enquit Eric, prenant Sydney à part lorsqu’elle sortit du van.

- Oui, marmonna cette dernière en réponse, un nœud d’angoisse au creux de la poitrine.

- QG, c’est Retriever. Nous sommes en position, annonça-t-il sur sa radio. Des problèmes de dernière minute ?

- Aucune activité en dehors du bâtiment, répondit Dixon depuis Los Angeles. Et l’imagerie thermique indique que l’entrepôt est vide.

- C’est bon à savoir, commenta Weiss.

- Mountainer reconnaît-elle l’endroit ? questionna Lindsay.

- Pas encore, répondit Sydney.

- Retriever, intervint Dixon, donnez le signal dès que vous êtes prêts.

- Allons-y. Attention où vous mettez les pieds, et surveillez vos arrières.

Deux de ses hommes enfoncèrent la porte de l’entrepôt, puis l’équipe pénétra prudemment dans un long couloir jalonné de portes.

- Ça te rappelle quelque chose ? interrogea Weiss, qui suivait Sydney.

- Non, répondit cette dernière – cela ne risquait pas.

Weiss fit signe à ses hommes d’explorer les différentes pièces par équipes de deux et il s’engagea dans un second couloir en compagnie de Sydney.

- QG appelle Retriever, énonça la voix de Dixon. Vous avez de la compagnie, un individu zone 16, qui pourrait entrer par la porte de la zone 9. Correction, je compte trois, non, cinq personnes.

- Retriever appelle équipe d’intervention, préparez-vous au combat, nous avons cinq individus suspects en approche.

Weiss n’avait pas fini sa phrase que des coups de feu se faisaient déjà entendre.

- QG, nous sommes attaqués !

- Sortez de là ! criait Dixon dans leurs oreillettes. Sortez de là maintenant ! D’autres arrivent dans la zone 6. Sortez de là !

- On est encerclés ! signala un des agents par radio avant que l’on entende de nouveaux coups de feu.

Les appels suivants étaient inaudibles.

- Le signal radio doit être brouillé, supposa le chef d’équipe. On se sépare, souffla-t-il à Sydney. On va les prendre à revers.

Sydney tourna à gauche tandis qu’Eric allait tout droit. Elle tourna à droite et tomba nez à nez avec un homme armé. Elle tira la première, il s’écroula. Puis elle tourna à nouveau à droite pour rattraper le couloir de Weiss… et le trouva étendu par terre, un homme s’apprêtant à lui trancher la gorge avec un couteau à cran d’arrêt. La jeune femme se figea un instant et l’homme se retourna, la fixant comme s’il voyait un fantôme. Sydney tira dans sa direction, mais il avait lâché Eric et sa fuite lui permit d’éviter les balles.

- Tu vas bien ? s’inquiéta-t-elle en voyant Weiss reprendre connaissance.

- Suis-le ! lui enjoignit-il, se redressant tant bien que mal.

Syd s’exécuta et poursuivit l’inconnu, qu’elle perdit de vue un moment. Puis elle aperçut une porte en train de se refermer, l’emprunta et se retrouva dans une ruelle. Elle manqua de se faire renverser par une voiture démarrant sur les chapeaux de roue, tenta de tirer dans les pneus mais ne put les atteindre avant qu’elle ait disparu au coin de la rue.

Elle rejoignit alors Weiss à l’intérieur. Il était penché sur deux de ses agents étendus au sol et prenait leur pouls.

- Ils sont morts.

- Bon sang, Weiss… Si j’avais dit la vérité, ce ne serait peut-être pas arrivé...

- De quoi tu parles ? s’étonna Weiss en se tournant vers elle.

- Je n’étais jamais venue ici ! J’ai inventé cette histoire de souvenir… il fallait que je regagne la confiance de la CIA… et maintenant ces hommes sont morts.

Son ami reprit vite ses esprits et lui sourit, bien qu’elle se fût servie de lui pour son coup de bluff.
- Syd, nous aurions effectué cette mission avec ou sans toi. Et si tu n’avais pas été là, je serais mort moi aussi.

- Je ne sais pas quoi faire, je… tout va de travers, le monde tourne à l’envers…

- Il faut qu’on fasse le tour du bâtiment pour voir qui a survécu, et qu’on rentre à Los Angeles dès que possible.

- Non, je ne peux pas rentrer ! Robert Lindsay déteste mon père… et ne me fait pas confiance. Si nous rentrons sans la puce, il m’interdira d’aller sur le terrain et je ne pourrai pas aider mon père.

- Oui, mais que peux-tu faire d’autre ?

- J’ai bien vu le visage de cet homme qui voulait te tuer. Si je pouvais l’identifier, je pourrais peut-être remonter à la puce et cela me donnerait un moyen de pression pour faire sortir mon père de prison. Mais j’aurais besoin d’un contact, un freelance. Mon carnet d’adresses date un peu…

- J’ai bien une idée, mais tu ne vas pas aimer ça. Tu devrais aller voir Arvin Sloane.

- Quoi ? s’exclama Sydney.

- Il a obtenu l’amnistie après ta… mort, narra Eric. Il est devenu consultant pour la CIA. Il dirige une organisation caritative maintenant, depuis Zurich.

Sloane dans l’humanitaire ? L’amnésique secoua la tête, les choses avaient décidément bien changé… Bientôt, on lui annoncerait qu’Anna Espinosa était devenue puéricultrice !

- Ecoute, reprit-elle. Nous n’avons jamais eu cette conversation. Après la fusillade, j’ai disparu et tu ne m’as plus revue.

- Syd, dans quoi vas-tu t’embarquer ?

Sans lui répondre, la jeune femme s’éloigna en courant. Alors qu’elle passait la porte, elle entendit la voix de l’agent Simmons, qui avait rejoint Weiss :

- Tout va bien ? Cooper fait le tour du bâtiment pour voir s’il y a d’autres survivants… Où est passée Bristow ? »

Près de Zurich, Suisse. 22 mai 2005. 9:00.

Son de cloche, visages flous.
« Les choses ont changé pendant ton absence, » disait Jack.
Miaulements, une petite fille dans la neige.
« Sydney, attention ! » hurlait Elisha.

Sydney se réveilla en sursaut et mit un instant à se rappeler où elle était – une place en première dans un TGV Paris-Zurich. Elle tenta de s’accrocher aux lambeaux de ce rêve, et les vit s’évanouir sous ses yeux tandis que la voix du contrôleur annonçait l’arrivée imminente au terminus.

En arrivant devant l’immeuble d’Omnifam, Syd marqua un temps d’arrêt. Quarante-sept étages d’hommage à l’ego de l’un des pires terroristes que la Terre ait porté, et aux créations d’un scientifique fou mort plus de cinq-cents ans auparavant…

La jeune femme entra dans le hall, prit l’ascenseur jusqu’au dernier étage d’où, elle n’en doutait pas, Sloane dominait toute la ville. Une secrétaire tenta de l’arrêter, mais Sydney força le passage jusque dans le bureau du grand manitou.

- C’est bon, tout va bien, indiqua-t-il à sa secrétaire, qui retourna à son poste. Bonjour, Sydney.

Cette dernière fut prise d’un haut-le-cœur et il lui fallut mobiliser tout son sang-froid pour ne pas sauter à la gorge de son vieil ennemi.

- Un groupe nommé le Covenant a volé quelque chose que je dois récupérer. Je veux identifier un homme dont je connais l’apparence, mais pas le nom. Vous allez m’aider à le trouver.

- Eh bien, vous devez avoir de sacrés ennuis pour me demander de l’aide, à moi, persiffla Arvin en attrapant un dossier sur son bureau et en le tendant à Sydney, qui l’ouvrit sur une trentaine de photographies avant d’adresser au « philanthrope » un regard interrogateur. Ces hommes sont des directeurs d’opération supposés du Covenant.

Sydney examina les images et reconnut son homme : Gordei Volkov, indiquait le verso de la photographie ; ancien membre des services secrets russes reconverti en tueur à gages.

- Et il se trouve que vous aviez justement ce dossier sous la main… fit-elle en plissant les yeux.

- Je l’ai sorti parce que je vous attendais, Sydney. J’ai suivi votre réapparition et votre fuite, alors sachant que ce cher Jack est à l’isolement et compte tenu de mon expérience avec vous, je suppose que vous êtes à la recherche d’une monnaie d’échange pour le faire libérer. Dites-moi si je me trompe…

N’y tenant plus, la jeune femme se jeta sur lui et le saisit à la gorge.

- Je sais que vous avez quelque chose à voir avec mon enlèvement, espèce d’enfoiré ! Qu’est-ce que vous attendiez de moi ?

- Croyez-vous à la rédemption, Sydney ?

- Certainement pas pour vous, rétorqua-t-elle.

- Omnifam a permis de nourrir trois millions d’enfants dans le monde entier. Nous finançons la recherche – nos travaux sur le cancer pourraient sauver des millions de vies un jour, des personnes comme Emily qui ont encore la vie devant eux. Sydney, tant de choses ont changé depuis votre disparition…

Les choses ont changé pendant ton absence, entendit-elle résonner en écho. Son regard tomba sur un magazine posé sur le bureau. En couverture, une photographie d’un Sloane tout sourire et un gros titre accrocheur : L’ange de lumière d’Omnifam. Médusée, elle le lâcha en secouant la tête.

- Vous vous souvenez d’Il Dire ? s’enquit l’ancien patron du SD-6. La machine créée par Rambaldi il y a cinq-cents ans ? Il m’a fallu des années pour rassembler tous les artefacts qui la composent. Puis je les ai assemblés, et quand l’appareil s’est mis en marche, il a livré un message, comme je m’y attendais. Mais je ne m’attendais pas à son contenu. Ce message tenait en un seul mot, un petit mot tout simple : Paix. J’aimerais avoir les mots pour vous décrire la révélation que j’ai eue à cet instant. Tout à coup, j’ai ouvert les yeux sur toutes les erreurs que j’ai commises, toute la douleur que j’ai causée autour de moi.

Sydney scrutait ses réactions avec incrédulité – il semblait si sincère. Si elle ne l’avait pas connu depuis si longtemps, si elle n’avait pas déjà fait les frais de son don pour la mystification, elle aurait sans doute versé une larme et signé un chèque à l’ordre d’Omnifam.

- Cela ne m’a pris que cet instant là pour décider que j’allais tout dire à la CIA, ce qui leur a permis de neutraliser une bonne vingtaine de cellules terroristes, continuait Sloane.

- Obtenant ainsi l’amnistie totale pour toutes ces erreurs et toute cette douleur, railla l’espionne. Joli coup. Je ne sais pas comment vous avez fait avaler votre conte de fées à l’Agence, mais je vous connais trop bien, » termina-t-elle en tournant les talons.

Une fois sortie de l’immeuble, Sydney s’éloigna de quelques rues pour vérifier qu’elle n’était pas suivie et mettre un peu de distance entre elle et le dragon de ses cauchemars. Puis elle entra dans une cabine téléphonique et commença à composer tous les numéros de ses anciens contacts. Pas question d’impliquer Will plus qu’elle ne l’avait déjà fait.

Certains numéros n’étaient plus attribués. Certaines personnes n’étaient plus en activité, d’autres encore étaient mortes. Une pensée fugace la traversa, quelle pouvait être l’espérance de vie dans ce secteur d’activités ? « Sydney, attention ! » – désagréable certitude que sa vie aurait été écourtée si Elisha Clode n’avait pas été là.

Le désespoir la gagnait lorsqu’enfin, un de ses contacts décrocha et accepta de la rencontrer. Vingt minutes plus tard – le temps d’acheter et d’enfiler un tailleur pantalon à la place de sa tenue commando – Sydney sautait à bord d’un train pour Vienne.

Vienne, Autriche. 13:00.

« Merci d’être venu, dit-elle en s’installant en face de son contact, un grand blond d’une quarantaine d’années dont elle n’avait jamais connu le véritable nom, à une table isolée du restaurant où ils avaient convenu de se retrouver.

- C’est bien naturel, répondit-il avec un fort accent allemand. Toutes mes excuses si je vous semble un peu distrait, mais on m’avait dit que vous étiez morte.

- Je l’étais, répliqua la jeune femme. Et maintenant, je ne le suis plus.

- Voilà pourquoi j’adore ce boulot, sourit son interlocuteur. En quoi puis-je vous aider ?

- J’ai besoin d’informations sur un certain Gordei Volkov, cadre du Covenant. »

L’appréhension qu’il ne put masquer lorsqu’elle prononça le nom de l’organisation permit à Sydney de se rendre compte à quel point le Covenant avait pris le pouvoir durant ces deux ans dont elle ne gardait aucun souvenir.

Aucun, vraiment ? s’interrogea-t-elle tandis que son contact s’éloignait pour passer des coups de fil. Si, au moins un. Au Pérou, si l’on en croyait Clode – mais depuis quand était-on assez naïf pour se contenter de sa parole ?

Et ces images floues qui lui apparaissaient dès qu’elle fermait les yeux et se dissipaient dès qu’elle les rouvrait ? Ces cloches qui sonnent, ce chat qui miaule, cette petite fille perdue dans la neige… ces flashes provenaient-ils de sa mémoire… ou de son imagination ? Devait-elle les prendre au premier degré, ou plutôt comme des messages provenant des tréfonds de son inconscient ?

Sydney sursauta lorsque son contact revint s’asseoir en face d’elle, rangeant son téléphone portable dans sa poche de pantalon.

« J’ai pu obtenir l’adresse d’un rendez-vous, demain à Johannesburg. Volkov doit effectuer une livraison, je ne sais pas de quoi.

- Je dois l’intercepter avant.

- Apparemment, il privilégie la discrétion : il vient d’arriver à Berlin par bus et un de ses alias a réservé une place sur un vol commercial pour l’Afrique du Sud qui part de Tegel ce soir. Dans tous les cas, mieux vaudrait qu’une équipe vous accompagne…

- Pas besoin, rétorqua Sydney, s’attirant un regard perplexe. Mais il me faudra des vêtements… et des lunettes de soleil. »

Berlin, Allemagne. 18:00.

Gordei Volkov arriva à l’aéroport de Tegel d’où partait son avion pour Johannesburg. Sydney attendait dans le hall, vêtue d’une robe rouge décolletée lui arrivant au-dessus du genou et affublée d’une perruque auburn à la frange épaisse dissimulant ses traits. Elle s’était également maquillée de façon à éviter qu’il puisse la reconnaître : un épais trait d’eye-liner, du fard à paupières foncé et des pommettes rehaussées.

Elle l’observa de haut en bas à travers ses lunettes de soleil un peu spéciales, qui lui permirent de repérer la puce électronique, cachée dans l’un des boutons de manchette de la veste du tueur.

Sydney rejoignit le portique de sécurité, son téléphone portable à l’oreille, et le bouscula comme si elle ne l’avait pas vu.

« Oh, je suis confuse ! s’exclama-t-elle avec un accent français marqué.

- Ce n’est rien, répondit aimablement Volkov, les yeux braqués sur son décolleté. Je vous en prie, continua-t-il en lui faisant signe de passer devant lui.

- Merci beaucoup, » sourit la jeune femme en retirant ses escarpins avant de les déposer avec son sac à main et son portable dans un bac qu’elle déposa sur le tapis roulant.

Puis elle passa le détecteur de métaux, trébucha en renfilant ses chaussures. Pendant ce temps, le portique bipait au passage de Volkov et les effets personnels de ce dernier arrivaient dans leur bac derrière celui de Sydney. Cette dernière s’arrangea pour subtiliser le bouton de manchette, et s’éloigna rapidement tandis que l’agent de sécurité demandait au Russe de vérifier qu’il s’était délesté de tous ses objets métalliques – d’ici quelques minutes, il découvrirait, surpris, une pièce de monnaie dans sa poche de pantalon…

Los Angeles, bureaux de la CIA. Une douzaine d’heures plus tard, 18:00(1).

Sydney traversa l’open-space d’un pas décidé, se dirigeant directement vers le bureau de Dixon où, elle le savait, elle trouverait Robert Lindsay. Elle croisa le regard de Weiss et Will, qui semblaient se demander dans quelle galère elle allait encore se fourrer.

Ouvrant la porte du bureau sans frapper, elle trouva son ancien coéquipier et le directeur du NSC en grande discussion.

« Sydney, souffla Dixon à son apparition.

La jeune femme exhiba aussitôt la puce électronique qu’elle tenait avec une pince, sortant de l’autre main un briquet.

- J’ai le logiciel, annonça-t-elle. Si vous voulez le récupérer, continua-t-elle en s’adressant à Lindsay, vous ferez libérer mon père immédiatement.

- Je vous demande pardon ? s’insurgea le bureaucrate. Je ne vais pas négocier avec une fugitive ! Vous croyez vraiment pouvoir débarquer ici et me faire du chantage ?

- Eh bien, pour tout vous dire… oui, répliqua-t-elle en allumant le briquet et en le plaçant sous la puce.

- Que croyez-vous être en train de faire ?

- Je veux un document écrit ordonnant la libération de Jack Bristow dès aujourd’hui et son exonération totale.

- Monsieur Dixon, raisonnez-la, demanda Lindsay au directeur de la division, qui observait les bras croisés et semblait retenir un sourire.

- C’est à vous que je parle, monsieur Lindsay, l’interrompit Sydney. Je veux cette carte « sortie de prison » pour mon père, tout de suite, ou cette puce partira en fumée.

- C’est absolument ridicule, protesta le directeur du NSC.

- Monsieur Dixon, pourriez-vous prêter un stylo à monsieur Lindsay ?

- J’ai un stylo, coupa ce dernier, mais il n’y a aucune chance que je l’utilise.

- Très bien, comme vous voulez. Cinq… quatre…

- C’est scandaleux !

- Trois…

- Monsieur Lindsay, elle va détruire ce logiciel, avertit Dixon.

- Deux… un… continua Sydney en approchant lentement le briquet de la puce, faisant grimacer Lindsay.

- D’accord, d’accord ! céda finalement ce dernier en fusillant la jeune femme du regard. Merci, ronchonna-t-il à l’intention de Marcus, qui lui tendait un carnet, avant de commencer à écrire.

- B-R-I-S-T-O-W, épela Sydney, incapable de contenir son sentiment de triomphe.

- Je sais comment votre nom s’écrit, bougonna Lindsay, les mâchoires serrées.

- Ah, et tant que vous y êtes, reprit la jeune femme comme si elle se souvenait tout à coup d’un détail sans importance, ajoutez un accord pour Elisha Clode.

- Quoi ? s’exclamèrent en même temps les deux directeurs.

- Liberté surveillée sous conditions, continua-t-elle sans laisser percer les questions qu’elle se posait sur son propre discernement. Je vous laisse décider des détails. »

Une heure plus tard.

Les yeux fixés sur les portes de l’ascenseur, Sydney se redressa lorsqu’elles coulissèrent pour la énième fois.

Cette fois était la bonne : les portes s’ouvrirent sur Jack Bristow, à nouveau rasé de près et vêtu de son sempiternel costume. Sydney se précipita vers lui et le serra dans ses bras, reposant sa joue sur l’épaule de son père qui lui rendit son étreinte.

« Merci, souffla-t-il à son oreille en caressant ses cheveux.

Puis il se tourna vers l’ascenseur, qui venait à nouveau d’ouvrir ses portes. C’était Elisha Clode, en tenue civile mais menottée et entourée de deux gardes, les traits encore tirés. Elle approcha lentement sous le regard de tout le personnel de l’open-space, semblant ne pas savoir quel comportement adopter.

- Retirez-lui les menottes, exigea Jack avant d’insister, devant l’hésitation des gardes : si elle n’a pas essayé de s’évader pendant le transfert, pourquoi diable tenterait-elle de le faire ici(2) ?

L’un des gardes sortit une clé et déverrouilla les menottes. Jack s’avança alors vers Clode et la prit dans ses bras. Sydney, embarrassée, croisa les siens, regardant incrédule une terroriste internationale lovée contre le stoïque agent Bristow. Comment avaient-ils pu nouer une telle relation en moins de deux ans, alors qu’il lui en avait fallu presque trente, à elle qu’il avait tout de même plus ou moins élevée ? Aussi inavouable que ce soit, la jeune femme ressentit une pincée de jalousie.

- Agent Bristow, j’ai deux mots à vous dire, héla Dixon depuis son bureau – Lindsay était parti sans demander son reste après avoir signé les accords. Sydney, tu lui expliqueras les détails ? requit-il en désignant Clode avant de refermer la porte de son bureau sur Jack.

- Le NSC et la CIA te placent en liberté surveillée, exposa Sydney en évitant le regard de son interlocutrice. Allons voir Marshall, il est en train de te préparer un dispositif de traçage. Je suis personnellement responsable de toi, ce qui veut dire que tu vivras avec moi et ne pourras pas sortir d’un certain périmètre, qu’en mission on ne se séparera pas, et que tu ne pourras pas quitter le bâtiment de la CIA seule.

- Tout plutôt que cette cellule frigorifique, murmura Clode alors qu’elles arrivaient devant l’antre de Marshall.

- Oh, euh, salut, bégaya le génie des gadgets en levant les yeux de son travail. Je, euh, je suis Marshall Flinkman, je travaille comme technicien ici…

- Oh, Marshall, je sais qui vous êtes, sourit Sydney en le serrant dans ses bras.

- Mon Dieu, Sydney, c’est tellement bon de vous revoir, je ne trouve… pas les mots ! Bonjour, mademoiselle Clode, euh, je crois que je n’ai pas eu l’occasion, enfin, de vous, remercier pour m’avoir, eh bien, euh, sauvé la vie.

- Comme vous y allez ! éluda la mercenaire. Vous et Tippin avez pour ainsi dire tout fait.

- Enfin, bon, euh, sans vous mon bébé aurait pu naître orphelin, alors… même si, euh, vous me faites toujours… peur, je crois que je vais quand même, euh, vous faire un câlin, annonça Marshall en s’exécutant sur le champ.

Sydney et Elisha se figèrent toutes les deux, pour des raisons différentes.

- Un bébé ? s’étonna l’aînée, choisissant de remettre à plus tard les autres questions qui lui venaient à l’esprit.

- Oui, euh, Carrie est enceinte de plus de trois mois, répondit le technicien.

- Carrie Bowman ? Vous vous êtes mariés ?

- Euh, non, pas encore, on n’a pas fixé de date… Enfin, disons qu’on en parle… Carrie a des, euh, problèmes avec l’idée du mariage.

- Alors, reprit Clode, dissimulant sa fatigue évidente derrière un ton enjoué, aurai-je droit à un piercing explosif ou à une capsule de poison cette fois ?

- Rien d’aussi extraordinaire, j’en ai peur. En si peu de temps et étant donné les exigences de monsieur Lindsay, voici ce que j’ai pu réaliser, dit Marshall en leur montrant un bracelet fin. Il contient un traceur GPS de la prochaine génération et l’alliage dont il est fait le rend… pour ainsi dire indestructible, donc pas moyen de vous en défaire à moins que, euh, vous ne soyez prête à… sectionner votre poignet, ce que je, hum, ne recommande pas. Vous… permettez ?

Elisha sourit et, sans l’ombre d’une hésitation, lui tendit son poignet, sur lequel il verrouilla le bracelet. Observant le visage de la mercenaire, Sydney s’étonna de la détermination sereine qui s’y était peinte.

Bien qu’elle ait tenté de ne pas le voir, quelque chose en Clode avait changé. Elle semblait auréolée d’une force tranquille ; plus posée, plus à fleur de peau aussi – par moments même fragile. Et l’attitude de Marshall… Marshall, qui savait si bien cerner les gens… et qui semblait conquis par la nouvelle Clode…

Cette dernière se tortilla légèrement sur ses pieds avant de souffler au génie des gadgets, tout en faisant un petit signe du menton vers l’open-space :

- Allez chercher Tippin.

Marshall se figea, puis s’exécuta le plus calmement possible. Sydney se retourna et vit la raison de leur désarroi : Michael Vaughn, discutant avec Eric au milieu de l’open-space. Elle se serait sans doute demandé pourquoi Clode se préoccupait tant de sa réaction, si son esprit n’avait pas déjà été au bord de la surcharge devant cet homme qui, il y avait quelques jours encore, ou peut-être quelques années, représentait tout son univers.

Elle savait qu’elle n’aurait probablement pas dû aller lui parler – le voir était déjà difficile à gérer. Elle aurait dû attendre d’avoir assimilé tous les changements qui lui tombaient dessus, pour éviter de dire quelque chose qu’elle pourrait regretter… ou de s’effondrer. Mais c’était plus fort qu’elle ; il était là et elle avait besoin de savoir ce qu’il avait à dire.

Sous l’étrange regard préoccupé d’Elisha Clode, Sydney s’avança vers Vaughn. Weiss fit quelques pas sur le côté pour ne pas les déranger ; Michael lui adressa un sourire nerveux.

- J’ai appris ce qui était arrivé, dit-il. Je suis venu voir comment tu allais.

Sydney aurait voulu lui hurler dessus, lui envoyer à la figure l’hypocrisie de sa démarche, et sa ridicule quête de pardon, et son manque de foi flagrant en leur amour. Lui répondre honnêtement, lui dire comment elle allait : très mal.

Mais elle vit Will arriver au pas de course, suivi de Marshall. Puisant de la force dans le regard de son meilleur ami, elle comprit que cela n’aurait pas été juste, ni envers Vaughn, ni envers elle-même. Les choses avaient changé et tant qu’elle n’en saurait pas plus, elle n’aurait aucun droit de juger qui que ce soit.

- Eh bien, je… j’essaie de m’adapter, bafouilla-t-elle.

- Je suis désolé, souffla Vaughn, la voix rauque et les yeux humides. J’ai… jeté tes cendres dans l’océan… Pour moi, tu étais morte.

- Je sais, » répondit Sydney même si non, elle ne savait pas, pas vraiment, même si au fond elle n’arrivait pas à comprendre.

C’est ce moment que Will choisit pour approcher, et Sydney lui en fut reconnaissante : elle n’aurait pas pu tenir bien plus longtemps. Elle détourna le regard, et Vaughn s’éloigna en compagnie de Weiss. Sydney ne put s’empêcher de remarquer du coin de l’œil le regard échangé par Will et Clode, d’un côté, et par Vaughn et une femme blonde, de l’autre. C’était donc elle – sa femme.

Mais… attendez une minute, on rembobine… Elisha Clode n’avait-elle pas enlevé et fait torturer Will ? N’était-elle pas complice du double de Fran qui l’avait laissé pour mort après l’avoir poignardé ? Ne lui en voulait-il pas à mort ?... Combien de personnes au juste avait-elle réussi à convaincre qu’elle avait changé ?

Et pourquoi avait-elle l’air tout aussi inquiète pour elle que Will et Marshall ?

Los Angeles, à quelques rues de la plage. 24 mai 2005, 8:00.

« Tu veux des pancakes ? » demande une petite fille aux vêtements et cheveux couverts de neige.
« Ma meilleure amie est morte aussi ! »
Un miaulement.
« Sydney, attention ! »

Sydney se réveilla au son d’une chanson inconnue sur son radio réveil. Inconnue et pourtant déjà entendue, elle le sentait. Elle mit un moment à réaliser où elle était – sa nouvelle maison – et surtout, quand – en 2005.

Elle fixa le plafond pendant quelques minutes, le temps de se remettre les idées en place et de tenter de connecter les pièces du puzzle de ses rêves – cela restait frustrant, elle n’en comprenait pas grand-chose, mais voulait croire que cela finirait par prendre son sens. Puis elle se leva. Eric et Will devaient venir l’aider à emménager aujourd’hui. Les aider.

L’eau coulait dans la salle de bains – Clode devait être sous la douche. Sydney s’habilla, puis se dirigea vers la cuisine et ouvrit le frigo, presque vide, pour se verser du jus d’orange dans un verre en plastique.

On sonna à la porte ; elle alla ouvrir.

« Salut, voisine ! s’exclama Weiss. Alors, que penses-tu de ton nouveau chez toi ?

- Pas mal du tout, répondit Sydney. Il me faudra sans doute un moment pour m’adapter, mais ce sera plus facile une fois meublé, sourit-elle en balayant du regard le salon, qui ne contenait qu’un grand canapé – quand aux placards de la cuisine aménagée, ils étaient encore vides, et chaque chambre ne comportait pour l’instant rien de plus qu’un lit.

- C’est pour ça que je suis là, répondit-il en ramassant deux cartons empilés qu’il avait posés par terre. Le reste est dans mon pick-up.

Tandis que Sydney refermait la porte derrière lui, Clode arriva de la salle de bains, une serviette de bains entre ses épaules et ses longs cheveux trempés.

- Je me demandais si j’allais devoir appeler le SWAT pour te faire sortir de là, railla Sydney. Je suppose que ce n’est pas la peine d’espérer qu’il reste un peu d’eau chaude ?

- Je t’en ai laissé, rétorqua sa colocataire. Je sais à quel point ton humeur peut être exécrable après une douche froide(3).

Sydney se renfrogna un peu, n’arrivant pas à accepter que Clode sache tant d’elle sans qu’elle s’en souvienne. Rien que d’imaginer avoir vécu avec elle… C’était ridicule !

« Tu veux des pancakes ? »

Un miaulement. Sydney crut un instant que c’était encore un de ses flashes, mais elle l’entendit à nouveau, et Eric et Elisha réagirent eux aussi.

- J’allais oublier, souffla Weiss en ouvrant le carton du dessus. Mon contact à Rome m’a envoyé certaines des affaires de votre appartement là-bas, ainsi que cette jeune demoiselle, dit-il en en sortant un sac en partie composé d’un filet très fin.

Lorsqu’il l’ouvrit, un chat en sortit comme un diable de sa boîte, et se précipita vers Sydney pour se caresser contre ses jambes.

- Mayflower ! s’écria Elisha, ravie, avant d’ajouter devant l’air interdit de son aînée : tu ne te souviens peut-être pas d’elle, mais elle, se souvient très bien de toi !

Puis la petite chatte s’approcha de Clode en miaulant à corps perdu.

- Eh bien, ils ne t’ont rien donné à manger ou quoi ? s’insurgea la mercenaire en ouvrant un placard de la cuisine d’où elle sortit du thon en boîte et une assiette en carton. Quoi ? ajouta-t-elle lorsque les agents de la CIA échangèrent un regard ébahi. Vous n’avez jamais vu une sociopathe nourrir un chat ?

A cet instant, on sonna à nouveau à la porte ; c’était Will, que Sydney fit entrer.

- J’amène de la bière, annonça-t-il.

- Je vais la mettre au frigo, proposa Clode. Je vous aiderais bien à tout installer, mais j’ai rendez-vous avec Barnett à la division. Suivi psychologique obligatoire. J’espère être de retour à temps pour vous aider à finir.

- Tu y vas seule ? s’inquiéta Sydney, hésitant à laisser la jeune femme quitter son champ de vision.

- Pas tout à fait, répliqua Elisha en montrant le traceur à son poignet. Je pensais prendre le bus. Il faudra juste passer me chercher après, puisque comme tu le sais je n’ai pas le droit de quitter le bâtiment de la CIA sans chaperon.

- Bon, » accepta-t-elle à contrecœur.

Bureaux de la CIA, cabinet du Dr Judy Barnett.

          « Vous savez que vous pouvez me parler en toute confiance, n’est-ce pas ? énonça la psychologue d’un ton égal après qu’Elisha se soit plongée dans un silence prolongé.

- Je sais que vous êtes liée par le secret professionnel. Mais vous travaillez pour la CIA et je suppose que vous êtes tenue de leur communiquer toute information que vous estimez relever de la sécurité nationale. Cela dit…

La jeune femme inspira en décroisant ses jambes et en se redressant légèrement sur le canapé avant de replacer une mèche de cheveux derrière son oreille.

- … ce n’est pas vraiment le problème, souffla-t-elle. Je suis tellement habituée à m’adapter à ce que l’on veut m’entendre dire, et parler de mes émotions est encore si nouveau pour moi… Et je crois que je ne sais pas trop par où commencer.

- Vous pourriez me parler de cet accord que vous avez passé. Comment le vivez-vous ?

- Rien ne peut être pire que cette cellule au sous-sol, répondit Elisha en avalant sa salive et en baissant les yeux. Je suis très reconnaissante envers Sydney de m’en avoir sortie, d’autant plus qu’elle ne me fait pas confiance…

- Ce doit être difficile à accepter. De ce que j’ai compris, votre relation avait beaucoup évolué pendant la période dont elle ne garde aucun souvenir.

- Oui. Et c’est difficile de… vivre avec elle, à nouveau, et de gérer sa défiance, à nouveau. Cela a pris du temps, la dernière fois, et cela a été très… éprouvant. Et nous voilà revenues à la case départ, ou plutôt pire, car je vois bien qu’elle se méfie plus encore, qu’elle n’arrive pas à croire qu’on était… amies, à Rome. Dans ces conditions, c’est un sacré risque qu’elle prend. Je pourrais m’évader n’importe quand…

- Mais en avez-vous envie ? interrogea Barnett.

- Je ne sais pas. J’aime ma liberté. Mais… Qu’est-ce que c’est, la liberté, au fond ? Serais-je plus libre poursuivie par diverses agences de renseignement, ou ici, certes liée par ce petit joujou, mais avec un domicile fixe et sans avoir besoin de garder une valise prête sous mon lit… ? Je crois… que ma place est à Los Angeles pour l’instant.

- À cause de votre famille ? s’enquit la psy.

- En partie. Et je crois… je ne sais pas, c’est peut-être naïf ou présomptueux, mais j’aimerais… essayer de racheter certains de mes torts.

- En aidant la CIA ?

- C’est un début, soupira Elisha. Dans tous les cas, maintenant… c’est moi qui choisis mon destin. »

* Générique de fin *

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